Royaume-Uni : la récupération sur succession des dépenses d’aide à domicile et l’instrumentalisation politique de la démence
Échos d'ailleurs
La polémique ne faiblit pas au Royaume-Uni. La plateforme électorale des conservateurs (Tories), qui ont gagné les élections générales et conforté Teresa May au pouvoir, comportait la promesse de faire contribuer davantage les ménages aux dépenses sociales : le patrimoine allait être pris en compte dans les conditions de ressources pour l’accompagnement social à domicile. L’opposition travailliste avait alors qualifié cette mesure de « taxe sur la démence », une expression ensuite amplifiée par la presse. Cette idée, très controversée à l’époque, avait contribué à une chute de popularité des Tories. Aujourd’hui, la ministre conservatrice des Affaires sociales Jackie Doyle-Price, qui prépare une réforme du financement des aides sociales, a déclaré que « beaucoup de personnes âgées habitaient dans des maisons trop grandes pour leurs besoins », et que le contribuable devrait se faire à l’idée que la transmission d’un bien immobilier à ses enfants devrait être taxée lorsque les besoins d’accompagnement deviennent massifs. « Il est fondamentalement injuste que la nouvelle génération, qui va s’occuper de nous après l’âge de la retraite, ait à financer notre dépendance par leurs impôts. » Il s’agit en fait de mobiliser la richesse de la génération du baby-boom plutôt que de faire de nouvelles dépenses publiques. Jeremy Corbyn, le chef du Labour (parti travailliste), estime que cette politique conservatrice est odieuse (appalling). Selon lui, cette idée de « taxe sur la démence » ne peut pas être juste : « si vous avez une maladie cardiaque, vous serez traité par le système national de santé, mais si vous avez une démence vous devrez vendre votre maison. » Les travaillistes en appellent à un système national de l’accompagnement, avec un plan de financement public de 8 milliards de livres (9 milliards d’euros).