Revalorisation de l’APA : quelles conséquences concrètes pour les familles ?

Acteurs de l'écosystème Alzheimer

Date de rédaction :
20 février 2016

Florence Braud, auxiliaire de vie et coordinatrice en domicile partagé, propose un cas concret pour illustrer les conséquences de la revalorisation de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie). Mme P, veuve, touche 700 euros de retraite par mois, soit 8 400 euros par an. Très dépendante (GIR 1), elle ne peut plus vivre seule et a emménagé chez son fils. Elle peut théoriquement prétendre à une APA maximum, et toucher maintenant 1 712.67 euros par mois. Ce montant permet de payer 81 heures en mode prestataire par mois, ce qui représente un peu moins de deux heures par jour. Paul, le fils, a fait le choix d’être aidant salarié. « Un choix qui n’en était pas vraiment un, puisque sa mère était devenue totalement dépendante pour tous les actes de la vie quotidienne » et que l’aide financière était insuffisante. Pour s’occuper de sa mère sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, Paul touche toujours un salaire inférieur au SMIC, malgré l’augmentation de l’APA. Et s’il veut prendre des congés ? Et s’il tombe malade ? Et s’il doit s’absenter ? Pour le moment, ce sont des questions qu’il ne préfère pas se poser. Mais la loi a aussi pensé aux aidants et à leurs besoins de répit. Pour permettre à Paul de souffler un peu, la loi prévoit une aide au répit de 500 euros par an, l’équivalent d’une semaine en hébergement temporaire (sous réserve de trouver un établissement) ou de quinze jours en accueil de jour (difficilement compatible avec les niveaux de dépendance GIR 1 et 2), ou encore 23 heures d’aide à domicile en mode prestataire.

Doc’domicile, février-mars 2016.