« L’hôpital mobile numérique » à l’EHPAD (1)

Innovation

Date de rédaction :
20 février 2016

« En France, la télémédecine reste rare, hospitalo-centrée et freinée par des difficultés réglementaires », rappelle Christelle Destombes, de la Gazette Santé-social. « À certains patients aux pathologies complexes, comme les personnes âgées résidant en EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), la télémédecine offrira une prise en charge gériatrique et psychiatrique par des médecins exerçant dans des centres hospitaliers, parfois éloignés », espère le ministère de la Santé, qui a lancé des expérimentations en janvier 2014 dans neuf régions pilotes. Les résultats seront présentés à l’automne 2016. Certains établissements se sont déjà inscrits dans des démarches proactives, en lien avec des industriels. L’EHPAD de La Courneuve, géré par l’association du Moulin Vert, dont 100% des lits relèvent de l’aide sociale, se dit « contraint de faire mieux avec moins. » Pour son directeur Edouard Cousin, la télémédecine peut « réduire les délais d’intervention, en permettant l’accès à un spécialiste, en évitant des déplacements inutiles aux urgences, qui stressent les personnes âgées et mobilisent du personnel, et en faisant de économies : un déplacement en ambulance, c’est deux cents euros, une journée à l’hôpital entre mille et deux mille euros. » Édouard Cousin a participé à la conception d’un chariot mobile connecté, en partenariat avec un spécialiste du mobilier médical, Allibert Médical, etun spécialiste de la visioconférence, Polycom. Le chariot a été distingué par le prix Blaise Pascal pour l’innovation technologique 2016 dans la catégorie « Hôpital mobile numérique ». Il permet d’intégrer les informations provenant de différents instruments connectés (tensiomètre, oxymètre de pouls, scanner à ultrasons pour la vessie, électrocardiographe) pour que le médecin évalue le patient à distance. « La télémédecine peut aider à la décision pour les urgences de nuit, pallier la raréfaction des spécialistes, accompagner la réalisation des pansements pour les plaies, et ainsi favoriser la montée en compétence des infirmières. En l’attente de textes réglant la cotation des actes ou la question de la responsabilité médicale, le personnel de l’EHPAD est prêt à tester le dispositif pour aller “dans le sens de l’histoire et de l’innovation”. »

La Gazette santé-social, mars 2016.