La moitié des chutes pourraient être prévenues : télévigilance en EHPAD

Prévention

Date de rédaction :
26 mars 2016

« Environ 50% des chutes ne sont pas dépistées parce que les résidents se relèvent et cachent cette défaillance au personnel soignant », explique le Pr Thierry Dantoine, chef du pôle de gériatrie auprès du CHU de Limoges. « Or ces chutes ont un coût humain, tout d’abord, parce que si elles s’accumulent, elles peuvent devenir graves et si la personne reste longtemps au sol, outre les difficultés physiques, il peut y avoir aussi des réactions psychologiques, avec une dégradation de l’état neurologique ». Une étude menée auprès de cinq cent cinquante personnes résidant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) montre qu’un système de télévigilance diminue de moitié (47 %) la gravité des chutes « grâce à la rapidité d’intervention des soignants », mais aussi à la possibilité d’établir des actions de prévention, en fonction de la nature de la chute. Est-elle environnementale (mobilier, tapis…) ou médicale (malaise, crise d’épilepsie…) ? Le dispositif de vidéo-vigilance (EDAO) a été développé par Link Care Services. Des capteurs optiques, installés dans les chambres, permettent de détecter des situations à risque. L’alerte, envoyée sur un logiciel, est analysée par un opérateur qui prévient le personnel soignant pour que la personne soit prise en charge rapidement. « Ces caméras intelligentes détectent les comportements anormaux mais respectent l’intimité des personnes. Il ne s’agit pas de surveillance : les images sont cryptées et leur recueil relève d’une procédure stricte », précisent les chercheurs. Les conséquences des chutes sont aussi financières. Le coût des chutes des personnes âgées en France a été évalué à 2 milliards d’euros par an. L’étude établit que la prise en charge d’une chute grave coûte 2 400 € (hors transport) : « sur dix mille lits, cinq cents chutes évitées, cela représente 1.2 millions d’euros d’économisés. Si on établit une extrapolation pour l’ensemble des EHPAD de France (590 000 lits), on arrive à une économie potentielle de 72 millions d’euros », estime le Pr Dantoine.