Genève : que fait la police ?
Échos d'ailleurs
Elle se forme pour mieux repérer les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. C’est une première, écrit Valérie Ruby, du Matin. « Ce n’est pas parce qu’une personne n’a pas payé dans un magasin ou un café que c’est une voleuse, et ce n’est pas parce qu’un individu se promène nu qu’il s’agit d’un exhibitionniste. Des personnes égarées et complètement désorientées, qui ne savent plus où elles habitent, cela arrive jour et nuit », a expliqué Sophie Courvoisier, directrice d’Alzheimer Genève, à trente-six aspirants de la police municipale. Cette formation spécifique sera intégrée dans le programme de formation continue des agents dès 2018. Les policiers ont appris à se présenter à une personne malade sans lui faire peur, en lui parlant calmement et distinctement, en faisant des phrases simples. L’uniforme et le gyrophare sont des sources de stress. « En tant que police de proximité, nous sommes de plus en plus confrontés à cette maladie », constate le lieutenant Joël Brahier. Pour le conseiller administratif de la Ville de Genève, chargé de la police municipale, le policier a aussi un rôle à jouer dans la détection de la maladie, « sans se substituer à un médecin, évidemment, afin de « mieux diriger les personnes dans la chaîne sanitaire et sociale. » Un cours de sensibilisation doit aussi être proposé aux quatre mille collaborateurs de la Ville. Isabelle Rochat, présidente d’Alzheimer Genève et ancienne conseillère d’État, souhaite que l’information soit transmise à d’autres corps de métiers, comme la police cantonale ou le personnel des transports publics genevois : « il faut absolument dédiaboliser cette maladie : la maladie d’Alzheimer, c’est le SIDA d’il y a vingt ans. »